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La station d'épuration du Reyran voit la vie en vert

La CAVEM (Communauté d'agglomération Var Esterel Méditerranée) a décidé d'investir pour produire, à partir de boues issues de la station d'épuration, du biogaz qui est ensuite réinjecté dans le réseau. Un modèle d'économie circulaire.

MOTS-CLES:

Depuis le printemps 2019, la station d'épuration du Reyran, à Fréjus, est bien plus qu'une station de retraitement des eaux usées : elle est devenue une centrale de production d'énergie, plus précisément du biogaz. Les boues en provenance de la station d'épuration sont introduites dans un digesteur, une sorte de cocotte-minute géante. Elles sont ensuite privées d'air et chauffées à 37 °C. Les bactéries dégradent alors la matière organique et permettent ainsi la production de biogaz. Ce dernier est récupéré et débarrassé de ses impuretés jusqu'à obtenir les mêmes caractéristiques que le gaz naturel. Il devient alors du biométhane, une énergie renouvelable appelée communément "gaz vert" !

Ce biométhane est envoyé dans le réseau de distribution de gaz naturel exploité par GRDF au travers d'un poste d'injection. Contrôlé en permanence avec des prélèvements effectués toutes les dix minutes, ce gaz vert est ensuite facturé à un fournisseur de gaz selon un tarif fixé par décret, par l'État. Ce processus vertueux est un modèle d'économie circulaire, l'une des priorités portées par l'agglomération : les boues sont des déchets produits sur le territoire de l'agglomération, et qui sont valorisés en tant que matière première. Transformés sur place, ces déchets permettent de générer de l'énergie, correspondant à terme à environ 30 % de la consommation du secteur Fréjus/ Saint-Raphaël en été. De plus, cette démarche écologique est très intéressante d'un point de vue économique pour l'agglomération, car elle va lui permettre de percevoir annuel- lement entre 700 000 et 800 000 euros générés par la revente du biométhane.

Enfin, la réduction du trafic routier, du fait de la baisse du volume des boues à évacuer, per- met d'éviter la production annuelle d'environ 1 500 tonnes de CO2, les boues étant auparavant acheminées dans le Vaucluse pour retraitement.

Un projet distingué par les "Green Solutions Awards"

"C'est une première dans la région Provence- Alpes-Côte d'Azur, et la quatrième installa- tion de cette importance en France, se félicite Roland Bertora, président de la CAVEM. Cette initiative illustre parfaitement la volonté de l'agglomération de s'inscrire dans une démarche réelle et pérenne d'économie circulaire, où des déchets deviennent une matière première au service du développement de la transition écologique d'un territoire".

Cet équipement a coûté 7,3 millions d'euros, et le projet a bénéficié d'une participation à hauteur de 45 % de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée. Il a également reçu des aides de la Région (700 000 euros), de l'ADEME, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (650 000 euros), et le solde provient d'un avenant concessif de la part de la CAVEM au délégataire Veolia. Le projet a été lauréat 2019 des "Green Solutions Awards", un concours international mettant en avant des bâtiments, des quartiers et des infrastructures exemplaires contribuant à la lutte contre le changement climatique.

Bientôt, une station pour véhicules

La montée en puissance de cette production locale de biométhane a incité la CAVEM à mobiliser le monde économique pour concevoir le projet de construction d'une station-service publique de gaz naturel pour véhicules (GNV / BioGNV). Ce projet, porté par l'entreprise de transport Beltrame, permettra d’alimenter des autocars avec ce carburant propre et d’autres entreprises et collectivités territoriales viendront très rapidement avitailler leurs flottes de véhicules. L'ouverture de cette station-service est prévue pour le tout début de l'année 2020, et marquera le passage à une économie verte en matière de carburant.