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Export | Les anches Marca font vibrer la planète

Seul fabricant d'anches à utiliser la canne sauvage du Var, l'entreprise ollioulaise Marca réalise 95% de son chiffre d'affaires à l'export.

Qu'ils soient clarinettistes, saxophonistes, hautboïstes ou bassonistes… tous les musiciens rencontrent des difficultés à trouver une bonne anche, cette petite languette qu'ils placent sur le bec de leur instrument. Et ils savent aussi que les meilleures anches du monde sont « made in Var», fabriquées à base de cannes sauvages qui trouvent sous nos latitudes les conditions idéales pour s'épanouir. Depuis 1957, l'entreprise Marca, basée à Ollioules, fait partie des principaux acteurs du métier. «C'est mon grand-père, ancien mécanicien de précision dans l'aéronautique, qui l'a créée, raconte Nicolas Righi. J'ai commencé à travailler chez Marca en 2003 et repris la gestion de l'entreprise en 2012, mais j'y ai passé une bonne partie de ma jeunesse : mes premiers jobs d'été c'était ici, et comme j'ai travaillé sur tous les postes, j'ai une parfaite connaissance de l'activité dans son ensemble, ce qui m'est très utile en tant que dirigeant ».

Une activité relativement atypique : il faut deux ans pour que les cannes soient utilisables, et leur coupe se fait entre novembre et mars, à la main, dans des conditions météorologiques souvent pénibles. Marca en utilise environ 200 000 par an, mais travaille actuellement à la sécurisation de ses approvisionnements car les roseaux sauvages sont désormais considérés comme nuisibles et souvent détruits au bord des cours d'eau. Après une période de repos pour stabiliser les roseaux, la fabrication de l'anche à proprement parler s'étale sur la totalité de l'année.

La crise sanitaire a fortement ralenti l'activité

Aujourd'hui, Marca compte 8 salariés en plus de Nicolas Righi, et envoie des anches dans de nombreux pays de la planète, en s'appuyant sur un réseau de distributeurs. L'entreprise équipe aussi gratuitement de nombreux musiciens de haut niveau, une vitrine de prestige qui est aussi une campagne de communication particulièrement efficace. Mais la crise sanitaire a pesé sur l'activité de Marca : «Comme de nombreuses écoles de musique n'ont pas rouvert leurs portes à travers le monde, nous avons enregistré une baisse de 37% en 2020. Et l'année 2021 ne sera pas meilleure». Mais après plus de 60 ans d'existence, Marca ne compte pas baisser le son, et a d'ores et déjà le regard tourné vers le coup d'après.

www.marca-france.com

Industrie 4.0, pour préparer l'activité de demain

Marca est engagée dans le parcours Région Sud Industrie 4.0, lancé par les services économiques de la Région, un dispositif qui vise à accélérer la transformation des PME régionales vers l'industrie du futur. « Après la validation de notre candidature, des experts sont venus effectuer un audit complet de notre activité, explique Nicolas Righi. Comment on travaille, quels outils on utilise, comment sont gérées les ressources humaines, mais aussi quelles pistes d'amélioration on pourrait dessiner ».

Après cet audit, le dirigeant a défini une feuille de route pour tracer les grandes lignes de l'activité des années à venir. L'idée principale est de renouveler le parc machines vieillissant, à la fois sur les performances techniques mais aussi l'er- gonomie et le confort au travail, l'une des préoccupations majeures de Nicolas Righi. L'investissement - relativement lourd car il s'agit de machines sur mesure - permettra d'automatiser davantage la production, et de faire évoluer les salariés sur des missions plus tournées vers le contrôle de la qualité. Grâce à ce programme Région Sud Industrie 4.0, Marca pourra bénéficier d'importantes subventions pour supporter cet investissement, entre 30 et 70% en fonction des postes de dépenses.