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3AG Recyclage, quand le déchet devient une ressource

Sur cette plateforme de recyclage de déchets de chantiers basée à La Seyne-sur-Mer, l'économie circulaire est une réalité au quotidien. Et un modèle économique à la fois vertueux et rentable.

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Le meilleur déchet est celui que l'on ne produit pas. C'est en partant de ce principe simple et en l'appliquant à sa propre activité d'entrepreneur de travaux publics qu'Antoine Gonzalez a eu l'idée, il y a un peu plus de six ans, de créer 3AG Recyclage, une plateforme de traitement et de valorisation des déchets de chantiers. Dans un premier temps, cette nouvelle unité avait été pensée pour accueillir des déchets de ses propres chantiers. Mais très vite, les collègues du bâtiment et des travaux publics se sont intéressés à la démarche, et l'activité est rapidement montée en puissance.

« L'Aquitaine et l'Île-de-France sont en pointe dans ce domaine, mais nous sommes un peu en retard dans la région, explique Antoine Gonzalez. Cela peut s'expliquer principalement par le fait que nous disposons de nombreuses ressources naturelles via les carrières, et que les professionnels de la construction se posent moins de questions quant à leur approvisionnement en matériaux ». Des questions qui ont été très vite au cœur de la réflexion du dirigeant de 3AG Recyclage, sensibilisé de longue date aux thématiques environnementales. « Je trouvais absurde d’enfouir TOUS les déchets de chantier alors qu’une grande partie avait un potentiel à être valorisée, préservant ainsi les ressources naturelles de nos générations futures ».

Développer d'autres plateformes sur tout le territoire

C'est donc au printemps 2014 qu'il lance sa plateforme de traitement et de valorisation des déchets de chantier, une unité installée à l'entrée de la zone d'activité de La Seyne- sur-Mer. « Ici, nous traitons des matériaux qui proviennent de chantiers de déconstruc- tion de bâtiment, de terrassement en masse ou en tranchée, des structures de chaussées, etc. Et après passage par le scalpeur et le concasseur, nous les transformons en ressources de différentes tailles. Ces dernières peuvent par exemple servir de remblais de sous-dallage, de ballast, de cloutage pour renfort de chaussées, ou encore de sable de tranchées. J'insiste sur un aspect majeur : la qualité des produits qui sortent de chez nous est la même que celle qu'on peut trouver chez les fournisseurs. C'est important de le dire, car certains donneurs d'ordre refusent encore l'emploi de matériaux recyclés, alors qu'il n'y a aucune différence ».

La « zone d'influence » de 3AG Recyclage est volontairement limitée : « Le principe c'est d'accepter des déchets qui proviennent de 15 kilomètres maximum autour de la plateforme, afin de s'inscrire dans une dé marche vertueuse en ce qui concerne les déplacements, explique Antoine Gonzalez. . L'entreprise dispose par ailleurs de trois camions afin de pouvoir collecter les déchets directement sur les chantiers ou les approvisionner en matières recyclées ».

Aujourd'hui, l'un des grands enjeux est de faire essaimer ce genre de plateformes et de mailler le territoire. La problématique reste bien évidemment la libération de foncier, d'autant plus dans le département du Var. 

« Mais cela peut permettre aux communes de s'inscrire dans une dynamique positive, assure Antoine Gonzalez. C'est une vraie démarche de promotion des circuits courts, qui crée de l'emploi en local, et il y a en plus des fonds à aller chercher dans le cadre du plan de relance ».

Car si elle part d'une démarche riche de sens et d'éco-responsabilité, l'aventure 3AG Recyclage est aussi une activité économiquement viable: en 6 ans d'existence, le chiffre d'affaires de l'entreprise est en effet passé de 300 000 € à 1,2 million, permettant à la plate-forme de salarier 7 personnes.

CCI à l'appui 

Vers des machines plus « vertes »

Dans sa volonté d'inscrire dans une démarche  éco-responsable tous les aspects de son activité, Antoine Gonzalez veut que la transition écologique touche aussi ses imposantes machines, qui assurent le tri et le concassage des déchets. Il travaille actuellement avec les services de la CCI du Var pour préparer un dossier afin de décrocher des subventions de l'ADEME (l'Agence de l'eau et de la maîtrise de l'énergie).

Objectif : pouvoir compter d'ici deux ans sur un parc de machines qui fonctionnerait pour moitié au gasoil non routier et pour moitié à l'électrique.